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baisse de la tva

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


La baisse de la tva dans la restauration, quelques chausse-trappes à éviter :





Voilà une mesure qui aura fait couler de l'encre avant sa mise en place. Peut-être a-t-on pensé que ce serait simple : il suffisait de baisser la tva à 5,5%. Lorsqu'on se retrouve confronté à la réalité, cela devient tout de suite, plus compliqué. Voici donc quelques pistes pour ne pas se perdre dans les méandres de la réglementation en matière de tva. On attendait des précisions de l'administration concernant la tva au 1er Juillet 2009. Elles sont parues dans une instruction administrative du 30Juin 2009 (3C-4-09). En voici la teneur et un point global. Ces dispositions doivent être appliquées aux prestations réalisées dès le 1er juillet 2009. 

Et puis aussi , à titre de nouvelle de dernière minute : on annonce la mise en place d'une contribution supplémentaire  sur les ventes de produits alimentaires

 

Le principe est très simple tous les produits liquides et solides, qu'ils soient en ventes à emporter ou en ventes à consommer sur place (et à l'exception des boissons alcoolisées) sont soumis au taux de tva de 5,5% à compter du 1er juillet 2009. 

 

Quels sont les taux applicables aux ventes à consommer sur place ? 

Le taux applicable aux ventes à consommer sur place à l'exception des boissons alcoolisées est de : 

- 5,5% en France métropolitaine

- 5,5% en Corse

- 2,10% dans les départements de la Guadeloupe, de la Martinique et de la Réunion. 

Le taux applicables aux ventes à consommer sur place de boissons alcooliques est de : 

-19,6% en France métropolitaine

- 8% en Corse

- 8,50% pour la Guadeloupe, la Martinique et la Réunion. 

 

Le taux applicable ) la pension et à la demi-pension hôtelière ne change pas, sauf lorsque celles-ci comprennent des boissons alcooliques. (voir rubrique menu avec boissons comprises)

 

Et voici quelques précisions qui pourraient vous éviter des maux de têtes :

> certains produits solides sont par nature soumis au taux de tva de 19,6% : les margarines, le caviar, le chocolat (enfin, pas tous les chocolats...), les confiseries par exemple (non, non, le foie gras et les fèves de cacao sont eux soumis à 5,5% !) ces produits là lorsqu'ils sont vendus en ventes à consommer sur place, sont comme les boissons alcoolisées, soumis au taux de 19,6%.  Mais comment faire le distinguo dans un plat composé  ? si vous imaginiez comme garniture, une petite lichette de caviar sur votre assiette de saumon fumé par exemple... de même comment 'isoler la margarine qui aura servi à beurrer votre moule à cake... ou le chocolat chaud sur la poire belle Hélène ? Lorsque ces produits soumis à 19,6% sont incorporés dans un plat servi en vente à consommer sur place, c'est l'intégralité du plat qui est soumis à 5,5% : ouf !!!! voilà un casse-tête évité !

  

> autre cas  : vous avez un menu qui est affiché boissons comprises (y compris donc un verre de vin, restons raisonnable, cela permettra de bien comprendre le raisonnement... on peut évidemment l'appliquer avec 2 verres de vin, et un apéritif... (attention à l'abus d'alcool ...)

Là encore, le principe est simple : on ventile le prix de vente du menu entre la nourriture (soumis à tva à 5,5%) et les boissons alcoolisées (soumises à 19,6%). L'instruction administrative nous dit la chose suivante : "il appartient au redevable de ventiler les recettes correspondant à chaque taux, de manière simple et économiquement réaliste, sous sa propre responsabilité et sous réserve du droit de contrôle de l'administration." Bien sûr le restaurateur doit conserver, au plan comptable, tous les éléments de calcul de ce prix de revient ventilé entre la nourriture et les boissons alcoolisées et il est indispensable que la comptabilité puisse justifier de la ventilation. A mon sens, une des manières de se prémunir est la mise en place de fiches techniques pointues et précises. De ce point de vue là c'est une bonne chose, car on sait que la mise en place de telles fiches s'accompagne en général d'une amélioration de la marge des restaurateurs. La sanction est énorme à mon sens : si vous ne pouvez pas justifier de cette ventilation, c'est le taux de 19,6% qui s'applique à l'intégralité du menu. Ce que confirme l'instruction administrative. Je pense que les contrôles fiscaux donneront lieu à de jolies discussions ! 

 

Pourtant l'administration donne un exemple : 

Si les produits présentés dans le menu sont aussi présentés séparément à la carte, on applique la méthode suivante : 

-on détermine tout d'abord le rapport entre le prix hors taxes (HT) à la carte des produits relevant du taux réduit par rapport au prix total facturé à la carte ; 

-on applique ensuite ce rapport au prix HT du menu afin de déterminer la fraction du prix HT du menu relevant du taux réduit; 

         Exemple : carte proposant une entrée du jour à 5 €  TTC (soit 4,74 €  HT), un plat du jour à 10 €  TTC (soit 9,48 €  HT), un verre de vin à 5 €  TTC (soit 4,18 €  HT) et une formule entrée / plat du jour / verre de vin à 18 €  TTC. 

         Détermination du rapport : (4,74 +9,48) / (4,74 + 9,48 + 4,18) = 0,78 ; 

         Application de ce rapport : 0,78 x 16,54² = 12,90 € .

 

Le redevable peut également utiliser une répartition forfaitaire, tirée des caractéristiques de l'établissement et appliquée de manière cohérente, lorsque la gamme des produits est homogène. Tel est le cas notamment des établissements dans lesquels les proportions entre les boissons alcoolisées et le reste des produits du menu sont semblables. 

Mais, lorsque les choses se compliquent, "la méthode de ventilation retenue demeure au libre choix du redevable et peut donc être différente des exemples proposés." . 

 

> et les plats qui comprennent des boissons alcoolisées ? allez ! Pour faire votre choucroute, rien de mieux qu'un peu de vin blanc ... (c'est aussi avec du vin que vous faites votre meurette et avec du rhum que vous flambez vos bananes...) Il est précisé que les alcools incorporés dans les plats préparés ne constituent pas des boissons alcooliques. Ces plats sont des plats ou des desserts justement, ils sont donc soumis intégralement au taux réduit (5,5%). 

 

> et le trou normand ? un peu has-been peut-être... mais  c'est de l'alcool pur, il est donc soumis au taux des boissons alcoolisées : 19,6%

 

> et puis encore : les chocolats (enfin, certains chocolats), caviar et autres produits solides soumis au taux normal de tva (19,6%) mais servis dans le cadre d'un banquet avec de la mise à disposition de personnel, deviennent des plats soumis au aux réduit de tva, donc à 5,5%...

 

On le voit c'est parfois compliqué de baisser sa tva, alors un seul bon conseil, consultez un expert-comptable qui connaît bien la restauration et le secteur CHR ! et n'hésitez pas à revenir voir cette page, nous la mettrons à jour des instructions administratives qui ne manqueront pas de venir.

 

> et quid de la mise en place d'une contribution supplémentaire sur les ventes de produits alimentaires ?

Il s'agirait d'une mesure concernant tous les établissements réalisant des prestations d'hébergement et des ventes à consommer sur place (donc tous les hôteliers-restaurateurs, y compris certains de la restauration rapide), et qui font plus de 200.000  € de chiffre d'affaires annuel. La contribution serait de 0,12% sur les ventes au-delà de 200.000 €, et ce pour les ventes réalisées entre le 1er juillet 2009 et le 30 juin 2012. Il faudrait la payer en même temps que la tva du mois de mars (ou que la déclaration récapitulative de tva pour les restaurateurs soumis au régime simplifié). Dès que nous aurons plus d'informations, nous les mettrons en ligne ! 

  Pascale BEGAT - Expert comptable - 6 juillet 2009
 
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